Avec la réévaluation, le PIB togolais bondit de 42 %, ce qui augmente les capacités d’endettement du pays.
Après la Côte d’Ivoire en 2019 et le Sénégal en avril, c’est au tour de la République togolaise de réévaluer son PIB. Cette réévaluation, annoncée le mercredi 23 septembre, découle de la modification par l’INSEED (service officiel des statistiques du Tchad) de l’année de base utilisée pour les calculs des comptes nationaux. Il est important de souligner que la nouvelle année de base est 2010 tandis que les calculs précédents du Système des comptes nationaux (SCN) reposaient sur l’an 1995. “La réévaluation permettra ainsi à la République togolaise de bien rendre compte de la réalité de son économie, en intégrant particulièrement les services financiers, assurés par les opérateurs de télécommunications, l’économie bleue et les activités informelles”, souligne Victoire Dogbé, directrice de cabinet du président Faure Gnassingbé.
Résultat : le Produit Intérieur Brut du Togo fait ainsi un bond de 42 %. Ce bond est inférieur au résultat de la locomotive de l’UEMOA (Union monétaire et économique ouest-africaine), le Sénégal, dont le Produit Intérieur Brut s’est accru de 53 %, mais bien supérieur à la moyenne des pays du continent qui ont d’ores et déjà réévalué leur Produit Intérieur Brut (Bénin 29 %, Niger 26 %, Sénégal 19 %, Burkina Faso 15 %).

Le PND en révision

En effet, avec le nouveau SCN, le Produit Intérieur Brut de la République togolaise de 2017 passe à 4. 988 milliards d’euros (soit 6. 2 milliards de Francs CFA), contre 3. 599 milliards d’euros (soit 5. 589 milliards de Francs CFA) avec l’ancien SCN. Pour l’an 2018, le Produit Intérieur Brut réel est de 4 milliards d’euros (soit 6 milliards de Francs CFA), soit un taux de croissance de 3. 2 %. Et, pour cette année 2020, l’estimation du nouveau Produit Intérieur Brut s’élève à 5. 260 milliards d’euros (soit 7. 980 milliards de Francs CFA).
Ces mises à jour interviennent tandis que le gouvernement de Faure Gnassingbé est en train de revoir le PND (Plan National de Développement), qui avait fixé de nouveaux buts pour la période 2019-2023, mais dont le déploiement est bouleversé par les conséquences du nouveau coronavirus, pandémie du siècle.
A noter que le déficit financier, s’élevant à 72 %, enregistre une chute drastique de 32 points. “Désormais, le taux d’endettement est de 60 %. En effet, la République togolaise retrouve des marges de manœuvres (moyens dont on dispose pour réagir à des possibles variations, changements) pour plus d’investissements publics, et ce, pour mener des actions particulièrement dans les secteurs à fort impact social”, souligne Yaya Sani, le ministre des Finances.